2004 | JOURNAL DE JEAN CLAUDE BOURDAIS The Nogent le Rotrou Times ou Bourdaily on the Web |
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Mercredi 25 mai 2005 | Hier | Avant hier |
L'infâme affaire de Nonancourt, d'après un extrait des Mémoires de
Saint-Simon (Tome 13, chapitre XIII), touche no4. (lire no3).
Il y a 370 ans presque jour pour jour,
que le duc de Saint-Simon, le père, Claude,
nouvellement promu Duc de Saint-Simon, acquit le château de la Ferté-Vidame
(19 mai 1635). |
Comme quoi à cette époque, les ouvriers
et les artisans ne se faisaient pas tirer les oreilles et ne faisaient pas semblant de bosser. Cette église en effet fut détruite et reconstruite en un peu plus d'un an (mai 1658 - Novembre 59). On peut dire aussi que Monsieur le duc était pressé de la refaire, étant connue depuis trop longtemps comme une plateforme du protestantisme. Construite en forme de croix latine, inspirée par des dessins du célèbre architecte italien Andrea di Pietro Palladio dont le duc avait ramené des dessins d'Espagne, avec soi-disant un tableau représentant la Cène, accroché dans l'Eglise. C'est ce que dit Lefèvre dans son annuaire d'Eure et Loir de 1851 , et que reprend la fiche touristique à l'extérieur de l'église. |
Je dis soi-disant car on peut avoir des doutes, à la fois sur Palladio et ses dessins et sur la Cène, comme
l'écrit si bien Georges Poisson dans son livre
Saint-Simon et le Perche : " Le style de l'édifice n'a évidemment rien de commun avec celui du maître de Vicence, dont
on ne voit pas d'ailleurs comment, quarante ans après sa mort, le duc aurait pu trouver des dessins en Espagne. Quant à la
grande toile de la Cène que l'on voit toujours dans l'église,(-> 4)... Quand on regarde les apôtres sur les côtés du tableau presque allongés à la romaine, dans des vêtements aux plis bien classiques...on ne peut qu'être d'accord. C'est dommage, ça faisait rêver que le Palladio ait pu faire des dessins utilisés à la Ferté-Vidame ! Mais vérité avant tout dans ce genre d'affirmation non ? |
À noter dans cette église ( -> 5) une copie faite par Frédéric Legrippe (XVIIIè)
d'après l'Adoration des rois mages de Francisco Zurbaran,(tableau de 1639) et qui a été offerte
par Louis-Philippe en 1845
soit trois ans avant la révolution de 1848. Ce n'est pas étonnant
car il passe pour un protecteur des arts et grand amateur de peintures et possédait le château à cette époque
(le château Laborde bien sûr, reconstruit sur celui des Saint-Simon) Il ne semble venu lui-même que trois fois dont le jeudi 21 mai 1846, et ce fut bien sûr une évènement à La Ferté-Vidame. le Journal de Chartres en fit un reportage assez fascinant : " On estime à plus de six mille le nombre de personnes qui se sont trouvées à La Ferté-Vidame le jour de l'arrivée du Roi et le lendemain. Chaque soir , le portail de l'église, l'arc de triomphe, et les fenêtres de presque toutes les maisons ont été illuminés; deux feux d'artifice ont été tirés, et en même temps le canon annonçait au loin la joie qui régnait parmi nous. Des jeux et des danses publiques établis sur plusieurs points ont terminé chacun de ces beaux jours, et la fête a duré jusqu'à dimanche soir."(lire l'arrivée du roi à La Ferté-Vidame) |
Autre chose que j'aime dans cette église est bien sûr la présence de chaque côté, sur les bras du transept,
de deux tribunes réservées, l'une aux Saint-Simon (celle côté épître (->entrée 1) et l'autre
(->entrée 2)pour les invités de la noblesse .
Car par question que ces gens-là bien sûr se mélangent à la messe avec les gens du peuple. Ils doivent être au premier rang,
les premiers devant Dieu. Les boiseries d'aujourd'hui ont été posées au XIXè, et que les défenseurs du peuple se rassurent : la tribune des Saint-Simon est aujourd'hui occupée par la chaufferie de l'église ! |
Reste la tombe de Saint-Simon et
de la duchesse, profanée lors de la Révolution, ainsi que rompues les fameuses chaînes
qui unissaient les deux cercueils, quel romantisme !. leurs restes furent jetés ensemble dans la fosse commune,
"dans une union encore plus étroite" écrit Georges Poisson, qui en note annexe " puis, ajoute Lefèvre,
qui ne cite pas ses sources, les spoliateurs fondirent sur le lieu même
les cercueils de plomb, et se livrèrent sur cette fosse encore béante à des saturnales que la plume se refuse à décrire !". On peut imaginer toutes les horreurs possibles ! Ah le peuple en colère, rien de plus imprévisible... La plaque de cuivre rouge sur le cercueil a été sauvée par un enfant de treize ans, Lemarchant, qui la rapporta à son père. C'est elle qui est au musée de Chartres aujourd'hui. L'histoire de ce caveau est bizarre, puisque après les Saint-Simon, il semble qu'il ait hébergé d'autres sépultures (notamment des Laborde et peut-être un haut seigneur, Bernard de Faget de Pomps !, un nom comme ça ne s'invente pas...) |
J'aime cette église de briques, de pierre et d'ardoise. Les images cette fois, remplaceront
le texte savant de Georges Poisson mais oh combien agréable quand le livre à la main, on la visite... Mais revenons à nos moutons : " Les troubles d'Angleterre augmentaient, et le comte de Marr avait des succès en Écosse. Stairs était tout occupé d'empêcher la France de donner aucun secours au Prétendant, et de lui couper le passage par le royaume s'il voulait gagner les bords de la mer. Il avait de bons espions; dès qu'il apprit que ce prince partait de Bar, il courut à M. le duc d'Orléans pour lui demander de le faire arrêter." C'est quoi cette histoire de Nonancourt ? je vais y venir, mais... |